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Chien "sauvé" et pollution mentale


Lorsque l’on parle de “sauvetage” ou d’adoption via des refuges ou des associations, de nombreux chiens arrivent avec des zones d’ombre dans leur passé. Et bien sûr, beaucoup de ces chiens présentent des troubles d’anxiété, généralisés ou spécifiques. Et là, c’est tellement facile de rattacher ce comportement à une histoire digne des pires épisodes de Game of Thrones - c’est limite si ce chien n’a pas été choisi à cause de son histoire ou de sa provenance.

C’est quand même bien moins héroïque d’adopter un chien à la SPA de Perpignan, que de récupérer un chien qui vient de Roumanie ou de Sarajevo, et alors, si en plus, il a été trouvé errant, alors, là, c’est plus une adoption, c’est la liste de Schindler! Mais le problème, c’est qu’on a vite tendance à se prendre les pieds dans le tapis avec ça, parce que cet attachement émotionnel, cette circonstance atténuante à un comportement déviant fait qu’on reste bloqué dessus en tant qu’humain, et bien sûr, le chien aussi! Chacun reste confortablement installé dans son petit traumatisme, et là, le passé devient une excuse au présent! Il attaque les autres chiens, sûrement parce qu’il a vécu dans la rue! Il grogne avec sa gamelle, c’est parce qu’il à dû connaître la faim! Il a peur de l’aspirateur, quelqu’un à dû essayer de l’aspirer … ah non je pars en vrac là! Alors je ne suis pas en train de dire que ça n’arrive jamais, mais dans la plupart des cas, c’est simplement que le chien n’a pas été suffisamment exposé à des stimuli pendant la période importante (pour ne pas dire critique) de socialisation, et ce qu’on prend souvent comme la résultante d’une histoire tragique, n’est en fait que de l’inexpérience, qui s’exprime par la peur, par l’anxiété, et parfois même par l’agressivité. Ce qui est nouveau fait peur! et ça ce n’est pas propre qu’au chien! L’instinct de survie et la curiosité font rarement bon ménage.

Du coup, quel comportement adopter en tant que nouvel adoptant?! C’est assez simple finalement: 1/ on n’accepte pas que le chien produise un comportement, qu’on accepterait pas avec un chien “normal”

2/ face à des stimuli inquiétants, on travaille doucement en désensibilisation, que ce soit par l’habituation ( donc une exposition lente et progressive à ce stimulus, et en employant des outils de renforcement positif).

3/ On éduque son chien! L’apprentissage des bons comportements par le jeu, par la complicité, mais aussi quand c’est nécessaire par la définition claire d’un cadre ( ce que le chien à le droit de faire, et ce qui est interdit) va vous permettre d’enrichir la relation et de vous placer comme un leader naturel, et donc une source de réconfort et de stabilité émotionnelle.

4/ on hésite pas à se faire aider, et quand je parle d’aide: je parle de professionnels, pas de tonton Henri qui à eu un berger allemand en 1984, ni pas du pro de Facebook qui entre deux commentaires sur les groupes d’éducation bienveillante, va aller régler les essuie-glaces de la 206 de Mme Ferrand!

Vous voulez aider votre chien à oublier son passé? Commencez par ne plus en parler et ne plus en tenir compte, vous vous polluez mentalement sans vous en rendre compte! ;)



Yoann

éducateur canin comportementaliste CYNOTECH


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